Hommage aux Harkis? Rconnaissance du crime ou mépris?

Nos amis Harkis sont désorientés! Après s'être prosterné devant le mémorial
aux tueurs du FLN, Sarkozy venait une nouvelle fois de concéder un pan de
repentance en Algérie, malgré ses engagements et "roulements de mécanique":
"La repentance ne passera pas par moi, scrogneugneu!". Ils pensaient qu'il
allait, en contrepartie, reconnaître le Crime de l'État français, en fait
gaulliste, vis à vis d'eux. Ils accoururent, comme nombre de présidents
Pieds Noirs ne voulant pas voir l'incongruité méprisante d'une telle réunion
se tenant le jour même du retour, au coup de sifflet présidentiel.

Pour espérer cette reconnaissance, il fallait croire aux promesses et aux
"avancées" formulées par quelques prébendiers et à celles de "jeunes" pieds
noirs ou de certains métropolitains administrateurs de leurs associations
n'ayant aucun lien, ne serait-ce que par l'âge, avec leur Histoire. Les
mêmes qui pérennisent le plus méprisant paternalisme en prétendant parler
pour eux, se glissant dans toutes leurs interventions, comme si les Harkis
n'étaient pas capables de trouver au sein de leur communauté les
personnalités compétentes et morales pour parler pour eux et gérer
administrativement leurs organisations. Oui, il fallait être bien naïf pour
y croire ou bien intéressé pour tenter de faire croire que celui qui se sert
de la Mémoire gaulliste et de son Chef allait dénoncer l'État ... gaulliste!

Pour illustrer ces évidences, il suffisait de lire le dernier Hommage aux
Harkis prononcé par le Premier ministre le 25/09/07, dont je livre et
commente quelques extraits.

1) Les phrases à double sens par leurs non dits. Le Premier ministre
déclare: "Ils ont accepté de mener sur leur sol un combat cruel et
incertain." et "L'histoire les a dressés contre d'autres hommes qui, la
veille, étaient leurs frères."


Il aurait fallu écrire et dire qui était cruel et quels étaient les frères
qui avaient trahi les frères! Le Premier ministre sait pourtant bien qui a
organisé l'épouvante en industrialisant le cruel, pour "mater" les
populations musulmanes et faire partir les Pieds Noirs, et quels sont les
"frères" qui sont venus la nuit égorger les villageois trop pro français ou
tout simplement voulant vivre en paix auprès de leurs familles? L'amalgame,
le double sens, les non dits du Ministre ne choqueront certainement pas les
anciens fellaghas et les contrats prétendus juteux pourront continuer à se
signer. Ils heurtent, par contre, tous ceux qui gardent en Mémoire les
Harkis. D'autre part, le Premier Ministre qui devrait être le premier garant
de l'Histoire de la France désinforme en réduisant le Sol sacré de la Patrie
("Leur sol"). Jusqu'en 1962, le sol des Harkis était "notre" sol, tous
Français confondus, y compris le ministre.

2) La négation du Crime. Le Premier ministre dit: "De son impuissance, elle
a fait un abandon. Au moment où les Harkis s'en remettaient à elle, elle les
a conduits par les chemins de l'oubli vers les camps .... . Elle a prolongé
leur angoisse, leur détresse, leur déchirement."


Oui, la France (et pas le Gaullisme) fait repentance. Mais seulement pour
les avoir mis dans des camps. Rien sur le désarmement, le rejet des bateaux,
les ordres de Joxe, l'abandon au FLN. Il aurait fallu écrire et dire: "De
son impuissance, elle a fait un abandon. Au moment où les Harkis s'en
remettaient à elle, elle leur a retiré tout moyen de défense, elle a refusé
de les embarquer, elle les a quelques fois rejetés des bateaux et même
renvoyés, les livrant désarmés aux couteaux des égorgeurs avant de les
conduire par les chemins de l'oubli vers les camps....". De plus, le
Ministre ment. La France n'était pas impuissante. Elle était victorieuse en
Algérie pour protéger les Harkis contre le FLN et elle était suffisamment
riche ("les trente glorieuses") - certainement plus qu'aujourd'hui (les
immigrés non voulus)- pour accueillir les Harkis autrement que dans des
camps et surtout pour ne pas les y laisser croupir pendant des dizaines
d'années.


3) Le piège de la falsification de l'Histoire cautionnée.
Le Premier ministre dit: "Nous avons besoin d'une réconciliation sincère des
mémoires, d'un apaisement véritable des esprits et des coeurs. Une fondation
pour la mémoire de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la
Tunisie sera créée à cet effet en 2008. Ces questions lui seront confiées.
Des historiens indépendants effectueront ce travail."


Monsieur le Premier ministre croyait-il s'adresser à des peuplades arriérées
en parlant aux Harkis? Avec de pseudo historiens et des "Personnalités
morales" (sic) de type STORA et autres communistes et porteurs de valises,
et, semble-t-il, peut-être même des Algériens, comment pourrait-on croire à
l'indépendance d'une telle commission? Les neutres et les nôtres
minoritaires, qui seront désignés par le Gouvernement, ne serviront que de
faire-valoir, comme c'est le cas au HCR.

Comment croire que la Vérité pourrait sortir d'une telle commission? On
nous parle de commission franco-allemande qui a produit un même travail?
Comment ne pas voir que ce n'est que parce qu'une des parties, l'allemande,
ne peut que reconnaître "ses" crimes? Les Allemands ont été formatés pour
cela. Qui pour "notre" guerre devra abandonner toute capacité de résistance
à la désinformation? Certainement pas les Algériens, qui auraient dans un
tel cas intérêt à ne pas rentrer là-bas et pas leurs néo porteurs de valises
qui vivent des ordures qu'ils déversent sur la France.

Qui peut croire qu'une commission d'Historiens peut dire l'Histoire alors
que sur la plupart des grands sujets historiques, y compris les plus
anciens, les thèses les plus contradictoires permettent aux uns et aux
autres de faire paraître des livres et de se produire dans les médias?


Jean-Pierre RONDEAU
DÉPATRIÉ