Quand une de nos associations à but culturel mais aussi mémorial bâtit un
Mur pour honorer des compatriotes disparus dans des conditions horribles,
dont les familles n'ont jamais su où, comment, quand exactement, ni retrouvé
les corps malgré des dizaines d'années de démarches,

Quand une association de vieux lycéens demande à honorer les mêmes à Paris,
Quand une communauté demande à respecter ses quatre fusillés qui se sont
sacrifiés pour la protéger et au nom de l'Honneur, même si certains (pas
nous) peuvent penser qu'ils se sont trompés,



On nous dit que nous sommes aigris, revanchards, tournés vers la passé, que
nous attisons les haines, qu'il faut oublier. Ces qualificatifs nous
viennent des représentants du Pouvoir, des Journalistes, de pseudo
historiens, d'associations prétendues humanitaires -car leur Humanité n'est
tournée que vers certaines communautés ou causes-, et même malheureusement
parfois de quelques "libéraux" issus de nos rangs (ils sont heureusement
rares). Ces mêmes qualificatifs sont d'ailleurs repris par la Presse
algérienne et même par les Franco-algériens, alors qu’eux-mêmes nous
agonissent des pires injures et "désinformations" parce qu'ils sont
cautionnés par ces "Français".



Par contre, tous se taisent quand, en France, à Paris parfois, on décore les
porteurs de valises qui ont livrés les armes, les bombes et l'argent pour
les acheter, l'ensemble étant destiné à assassiner de la façon la plus
épouvantable possible leurs compatriotes, femmes et enfants compris. Ils se
taisent encore quand d'anciennes poseuses de bombes et de terroristes
enseignent dans nos Universités. Ils se taisent enfin quand ces mêmes
porteurs de valises et anciens terroristes se font décorer en France par des
consuls étrangers, honorant ainsi en France, non pas comme le laisse
apparaître le titre de l'article ci-joint une fête nationale, mais le
déclenchement d'une guerre terrible ne respectant aucune convention de
Genève, faite à notre Pays et à ses enfants.



Un de mes amis, écœuré par l'article ci-joint qu'il me communique, m'écrit:
"... cet article digne d'un peuple de cons, dont nous faisons hélas partie.
J'ai écrit plusieurs projets de réponses dans lesquels j'allais trop loin ou
pas assez et j'ai renoncé, ne trouvant pas la juste limite à un courroux qui
m'étouffe! Voilà qu'en France on distribue des médailles à des tueurs de
Français réfugiés en France! Ce journaliste ne fait-il pas l'apologie de
crimes de guerre que la Loi punit?. Que peut-on faire après une telle
publication?"



Son courrier m'a fait mal. Non pas le document (ce genre de manifestation
est permanente), mais ce qu'il m'écrit à titre personnel. Car je l'ai
ressenti comme la dernière bouteille à la mer ou le message subliminal
qu'adresse un enfant à ses parents en faisant une tentative de suicide. Je
sais que mon ami est solide. Mais je ressens son étouffement, son
écoeurement, son impuissance, son désespoir vis-à-vis de ses compatriotes,
mais encore plus de sa Patrie. Il n'est même pas arrivé à le traduire, à le
coucher sur du papier! Où est la moindre compassion pour nous, quand on
autorise l'Étranger à venir dans une salle certainement communale, décorée
ici non pas du drapeau d'une nation, mais de celui d'un mouvement
tortionnaire, avec le soutien médiatique d'un journaliste français, décorer
l'assassin et fêter le déclenchement d'une nouvelle forme de terrorisme
implacable qui allait donner naissance au terrorisme moderne de ces
dernières décennies : de Paris à Munich, de Tel-Aviv à New York, de Beyrouth
à Bagdad, de Moscou à Jakarta et d'Alger hier? Kadhafi qui a dénoncé le
terrorisme contre des Musulmans algériens (souvenons nous de l'Union) et pas
contre des Européens ou Juifs doit vraiment se marrer avec un président
français qui autorise cela, tout en nous assurant de sa compassion. Que se
passerait-il si le Consul de France à Alger décorait un officier
parachutiste dans les locaux d'une mairie d'arrondissement! Le même
journaliste français dénoncerait l'insulte faite au Peuple algérien. En
Algérie, son confrère se ferait égorger comme le maire complice.



Ce que ressent mon ami, je le ressens aussi, d'où le Dépatrié que j'ai créé,
au départ pour nos problèmes de cette Identité que l'on nous refuse, mais
aujourd'hui parce que moi, le fils d'un ancien combattant (39/45, Indochine,
Algérie), l'enfant qui courait aux défilés, le nationaliste, le para qui
était fier d'avoir servi, l'élu local pendant 18 ans, je ne me sens plus de
ce pays qui m'écoeure et me donne la nausée.

Jean-Pierre RONDEAU
Dépatrié