30 janvier 2007

Reconnaissance du massacre d'Oran
Question (n°106845) de Jean-Pierre LE RIDANT (UMP, Loire-Atlantique) publiée au Journal officiel le 10 octobre 2006 avec une réponse du ministre délégué aux Anciens combattants publiée au JO le 16 janvier 2007.
23/01/2007
Jean-Pierre Le Ridant appelle l'attention du ministre délégué aux Anciens combattants sur les perspectives de reconnaissance du massacre d'Oran qui eut lieu le 5 juillet 1962. En effet, cette journée fut marquée par des atrocités perpétrées par des foules extrémistes, avides de sang, de revanche et voulant en découdre avec des populations sans défense. Ce jour-là, le général Katz, au nom de la raison d'État, a donné l'ordre de ne pas bouger aux 18 000 soldats français qui se trouvaient cantonnés dans leurs casernes. Le résultat ne se fit pas attendre. Dans cette terrible tragédie, plus de 3 000 personnes ont été assassinées. C'est pourquoi M. Le Ridant demande au ministre délégué de bien vouloir lui préciser ce qu'il envisage afin que la mémoire de ces milliers de victimes françaises innocentes puisse être commémorée. De plus, il souhaiterait savoir pour quelles raisons la cérémonie, qui était prévue à l'Arc de triomphe en mémoire des Oranais disparus le 5 juillet 1962, a été suspendue.

Hamlaoui Mekachera : Je tiens à rappeler que la République rend solennellement hommage aux combattants « morts pour la France » pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie le 5 décembre de chaque année. Conformément aux dispositions de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, les victimes civiles et les disparus en Afrique du Nord sont désormais associés à cet hommage national.
À ce titre, dans le cadre de la cérémonie nationale du 5 décembre 2006, une plaque a été inaugurée par le Premier ministre, en présence du ministre de la défense et du ministre délégué aux anciens combattants, quai Branly, près du mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, pour rappeler la souffrance des familles confrontées aux violences, aux massacres ou aux disparitions.

S'agissant de la cérémonie associative du ravivage de la flamme, qui devait avoir lieu le 5 juillet dernier à l'Arc de Triomphe, elle a fait l'objet d'un arrêté d'interdiction du préfet de police de Paris afin de préserver l'ordre, la sécurité et la tranquillité publique, compte tenu des risques de troubles annoncés.

NDLR:La réponse n'est pas satisfaisante sur le point de l'interdiction de la cérémonie du 5 juillet 2006. les alentours de l'Arc de Triomphe étaient paisibles

 

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Rappel de notre reportage du 5 juillet 2006

5 juillet 2006

RAVIVAGE DE LA FLAMME INTERDIT A LA PRESSE et aux amis des 3000 massacrés d'Oran. Venus se receuillir dignement à l'Arc de Triomphe de L'Etoile

Ce même jour est l'anniversire de l'indépendance de l'Algérie, alors que ferait-on pour ne pas déplaire à des amis...pas de vagues ce jour là!

Une "Compagnie de CRS" à chaque entrée des sous-terrains pour empécher une foule menaçant l'ordre publique!!!!

En bon militaire, j'ai contourné l'obstacle et utilisé un autre moyen d'approche, j'ai réussit à faire quelques photos de cette cérémonie indigne du souvenirs des victimes. Les VRP de Bouteflika étaient aux aboies pour qu'elle soit annulée, l'Humanité entête avec son fardeau de 100 millons de morts.....voir reportage du 6 juillet

Et à mon retour par le sous-terrain, je les ai mitraillé dans le dos (avec mon appareil de photos...), ils ne m'avaient pas vu arriver...

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L'épisode le plus dramatique de l'indépendance algérienne a lieu à Oran. Cette grande ville de la côte occidentale (400.000 habitants) était la seule à majorité européenne pendant la période coloniale. De nombreux pieds-noirs y étaient encore présents au lendemain de l'indépendance. D'autres, fuyant le bled (la campagne), s'y étaient installés dans l'attente d'un hypothétique exode.

Du 1er juillet, date du vote de l’indépendance jusqu’au 4, il n’y a en ville que quelques défilés de voitures surchargées de musulmans, hommes et femmes hurlant des slogans et des you-you, plutôt bon enfant… Le 5 juillet 1962, la radio donne l'ordre aux habitants d’ouvrir les magasins, les bureaux et de reprendre le travail.

Mais dès le matin, une foule déferle des quartiers arabes vers les quartiers européens, de la place Kargentah vers la Place d’Armes, «pour un défilé pacifique». La plupart des manifestants n'en sont pas moins armés. A 11 heures, un coup de feu retentit sur la place d’Armes, un signal sans doute. Des cris jaillissent : «L’OAS, c’est l’OAS qui nous tire dessus !» Assertion invraisemblable car nul n'aurait été assez fou pour provoquer ainsi une foule déjà surexcitée.

C'est le début d'un carnage : une chasse à l’Européen commence, sauvage, systématique, dans toute la ville. On égorge, on tue au revolver ou à la mitraillette, on prend des rues en enfilade, tuant tout ce qui bouge, on pénètre dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres.

Les auxiliaires de l'armée algérienne, les ATO, emmènent les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central où ils sont battus et tués, ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Pourtant, dans cette folie sanguinaire, des musulmans sauvent des Européens, d’autres font délivrer des prisonniers.

Le général Joseph Katz, qui commande les 18.000 soldats français encore à Oran, téléphone au président de Gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. «Ne bougez pas !» lui est-il répondu. Les soldats restent dans les casernes.

La tuerie dure près de six heures. Lorsque, à 17 heures, les gendarmes français sortent enfin dans la rue, le calme revient aussitôt. Les cadavres jonchent la ville, on en trouve pendus aux crocs des bouchers, dans des poubelles… Dans la chaleur de juillet, la puanteur est horrible. Soldats français et algériens déversent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact du massacre.

On parle dans les semaines qui suivent de plus de 2.000 morts et de quelques centaines de disparus… Des disparus qui seront signalés plus tard dans les mines de l’Algérie, dans des prisons, des maisons closes et des bars à soldats...

André Larané
D'après Geneviève de Ternant, L'agonie d'Oran (3 volumes), édition Gandini, Nice, 2001

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