24 mai 2006
INGENIERIE DE L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE
Claude Millet, Consultant, DESS d'Ingénierie de l'Intelligence Economique nous présente
un camarade qui fait autorité
incontestable dans le monde de l'Intelligence Economique !
Bernard Carayon est lieutenant colonel de réserve, parachutiste et membre
de l'Union Nationale des Parachutistes
Député du Tarn, Maire de
Lavaur. Specialiste en I.E (Intelligence Economique)

- Auteur du rapport CARAYON
sur (l'I.E).l'Ingénierie de l'Intelligence Economique.
"Les 38 propositions du “rapport Carayon”
par Christophe Blanc et la rédaction de la lettre Sentinel
Extrait : Au-delà
du constat sans concessions des déficiences françaises en matière
d’intelligence économique, salué quasi-unanimement par les
professionnels du métier, le rapport Carayon formule quelque 38 propositions
concrètes. Distribuées en cinq chapitres, elles esquissent la
“grande politique publique d’État” que le député
du Tarn appelle de ses vœux. En voici la liste exhaustive, agrémentée
d’une brève description. Même si l’agenda gouvernemental
chargé viendra probablement contrarier leur mise en œuvre, nul ne
doute que ces propositions orienteront, dans les mois et les années à
venir, les décisions de l’État en la matière.
Ci-dessous son nouvel ouvrage, est passionnant,
et sa lecture est fortement instructive.
Publication le 11 mai 2006
LE LIVRE:
Selon ses plus ardents défenseurs, la mondialisation, par l'ouverture
des marchés, est en elle-même la garantie de la prospérité
et de la paix, et conduit naturellement à la disparition des Etats-nations.
Pour l'auteur, il n'en est rien: c'est plutôt le mythe du Marché
bienfaiteur universel qui a vécu!
Depuis la fin de la «Guerre froide», la guerre économique,
«guerre sans images et sans visage», se joue sur tous les théâtres
et selon tous les modes: entre entreprises mais aussi entre Etats, au sein des
organisations internationales gouvernementales ou non gouvernementales, par
le pillage technologique, le dumping fiscal et social ou par des déstabilisations.
Avec une intensité et une brutalité jamais atteintes, et le plus
souvent soigneusement dissimulées.
Bernard Carayon décrit avec autant de passion que de précision
les ressorts et les outils de ce «capitalisme en guerre», auquel
ni la France, ni l'Europe ne s'étaient suffisamment préparées.
Il plaide pour un «patriotisme économique», vraie
éthique de l'action à l'aune d'une nouvelle ère économique:
celle du «post-libéralisme».
L'AUTEUR: Bernard Carayon, 48 ans, avocat,
est député (UMP) du Tarn et Maire de Lavaur. Rapporteur
du budget de l'Industrie, puis du renseignement à la Commission des Finances
de l'Assemblée nationale, il construit dans ses rapports parlementaires
et ses publications une politique publique d'«intelligence économique»,
dont il est devenu en France le spécialiste incontesté.
Promoteur du «patriotisme économique», il est président
de la Fondation d'entreprises Prometheus, dédiée à l'analyse
des enjeux de la mondialisation, qu'il a créée avec le concours
de dix des plus grands groupes industriels, financiers et bancaires, français
et européens.
Il dérange, le patriotisme économique. Pour avoir lancé ce concept il y a plus de trois ans, adossement de soixante-dix propositions constituant une politique d'intelligence économique, je me réjouis qu'il suscite un débat et même des caricatures, nécessairement au coeur de l'élection présidentielle : il soulève trois questions clés.
Qui sommes-nous ? Les citoyens d'une patrie avant d'être des producteurs et des consommateurs dont l'histoire relie des générations successives. L'État en garantit la pérennité, le politique en porte les valeurs depuis l'Antiquité. « Le patriotisme est l'amour des siens, le nationalisme, la haine des autres », résume Romain Gary. Le plus noble des sentiments collectifs est le plus ancien, le mieux partagé au monde. Moins en France où il s'exprime plutôt en faveur de footballeurs imposés en Suisse que dans la promotion de nos intérêts. « Ah les cons ! », comme disait Daladier de la foule qui l'accueillait au retour des accords de Munich... Intégristes du tout-marché et théoriciens d'un libéralisme de laboratoire se délectent du déclin de la France, se gargarisent de la fin des États-Nations. Complices ou naïfs, ces pacifistes nous emmènent à la guerre économique comme les officiers tsaristes poussaient à Tannenberg des moujiks armés de bâtons. Ils ont fait un trait sur la France et l'Europe-puissance.
Que voulons-nous ? La puissance, précisément. Puissance affranchissant des tutelles subies dans les secteurs stratégiques - énergie, défense, pharmacie, TIC, spatial. Puissance faisant respecter nos valeurs d'équilibre, de partage et d'humanisme. Puissance dénonçant les déloyautés de nos concurrents : interdiction d'OPA hostile au Japon, subventions publiques massives à Boeing et Bombardier, contournement de la convention OCDE sur la corruption, fabrication des classements internationaux. L'action publique a évolué : le sauvetage d'Alstom et l'OPA de Sanofi sur Aventis par l'action de Nicolas Sarkozy, ministre des Finances ; le lancement de la politique d'intelligence économique par Dominique de Villepin ; la reconnaissance par le commissaire Verheugen de l'étroitesse du marché communautaire. Avec Jean-Paul Fitoussi, je crois que « seule la plus grande des naïvetés 'technocratiques' pourrait nous faire accroire que les questions de puissance et d'indépendance sont susceptibles d'être résolues par le marché ».
Ces questions sont résolues depuis longtemps par les Américains, dotés d'un arsenal extrêmement complet, associé à une présence commerciale agressive sur les marchés étrangers. Voilà le coeur du patriotisme économique : lutter à armes égales avec nos concurrents, exiger la réciprocité, comprendre, sans naïveté ni paranoïa, les ressorts nouveaux de la mondialisation, réunir expertises publiques et privées.
Que pouvons-nous ? Ce que nous voulons. Fluidité, réseaux et influence : le monde n'est plus une organisation hiérarchique où les plus gros sont les plus forts, les plus forts les mieux respectés. Réseaux technologiques et humains sont au coeur de bouleversements auxquels nous ne répondons en France que dans le désordre des idées et une timide action administrative, faute d'impulsion politique. Comme une incantation, on appelle de ses voeux un patriotisme économique communautaire.
Notre volonté politique ne peut être que continentale et appuyée sur des nations industrielles face à une Commission dont le credo de l'ouverture des marchés a freiné la constitution de groupes mondiaux à socle européen. Une Europe qui ne connaît pas ses frontières et oublie ses racines ne sait pas ce qu'elle est. Une Europe qui ne recherche pas son émancipation technologique, qui ne construit pas de stratégies industrielles, traite plus mal la Russie de Poutine que l'URSS de Brejnev, et qui ne se défend pas des prédateurs financiers mondiaux n'est décidément pas mûre pour un sentiment collectif qui s'apparente au simple bon sens. À la France de reprendre l'initiative.