18 novembre 2006
Le Figaro magazine organise
dimanche (19 novembre), la 22ème éditions de la Fête du
Livre au Palais Brongniart.
Le quartier de la Bourse. Après de nombreux déménagement,
la bourse des valeurs s'installe au Palais Brongniart. Depuis (seulement) 1967,
les femmes ont le droit de rentrer au Palais Brongniart ...
En vue des échéances
électorales de l'année prochaine, la place est faite, cette année,
aux "essais politiques qui ont marqué le débat public en
2006".
Bernard Carayon
Présent à cette manifestation
pour la dédicace de Patriotisme économique, de la guerre à
la paix économique, publié en mai 2006 aux éditions du
Rocher
et préfacé par le journaliste Charles Villeneuve,
je serais naturellement heureux de vous accueillir dimanche prochain, de 13h30
à 18h30.
Bernard Catayon, député du Tarn, Lnt-Col de réserve, est
ancien parachutiste...
NB:Charles Villeneuve et Jean-Claude Narçy sont les seules journalistes,
anciens combattants, capables de couvrir le reportage du 14 juillet!...
vendredi 17 novembre 2006 Par bcarayon,
Je publie la tribune parue dans le Figaro du 16 novembre 2006 sur le patriotisme économique. Je suis convaincu qu'il s'agit d'un thème dont les débats de campagne ne pourront se passer. Il était important que j'en exprime les ressorts.
Il dérange, le patriotisme économique. Pour avoir lancé ce concept il y a plus de trois ans, adossement de soixante-dix propositions constituant une politique d'intelligence économique, je me réjouis qu'il suscite un débat et même des caricatures, nécessairement au coeur de l'élection présidentielle : il soulève trois questions clés.
Qui sommes-nous ? Les citoyens d'une patrie avant d'être des producteurs et des consommateurs dont l'histoire relie des générations successives. L'État en garantit la pérennité, le politique en porte les valeurs depuis l'Antiquité. « Le patriotisme est l'amour des siens, le nationalisme, la haine des autres », résume Romain Gary. Le plus noble des sentiments collectifs est le plus ancien, le mieux partagé au monde. Moins en France où il s'exprime plutôt en faveur de footballeurs imposés en Suisse que dans la promotion de nos intérêts. « Ah les cons ! », comme disait Daladier de la foule qui l'accueillait au retour des accords de Munich... Intégristes du tout-marché et théoriciens d'un libéralisme de laboratoire se délectent du déclin de la France, se gargarisent de la fin des États-Nations. Complices ou naïfs, ces pacifistes nous emmènent à la guerre économique comme les officiers tsaristes poussaient à Tannenberg des moujiks armés de bâtons. Ils ont fait un trait sur la France et l'Europe-puissance.
Que voulons-nous ? La puissance, précisément. Puissance
affranchissant des tutelles subies dans les secteurs stratégiques - énergie,
défense, pharmacie, TIC, spatial. Puissance faisant respecter nos valeurs
d'équilibre, de partage et d'humanisme. Puissance dénonçant
les déloyautés de nos concurrents : interdiction d'OPA hostile
au Japon, subventions publiques massives à Boeing et Bombardier, contournement
de la convention OCDE sur la corruption, fabrication des classements internationaux.
L'action publique a évolué : le sauvetage d'Alstom et l'OPA de
Sanofi sur Aventis par l'action de Nicolas Sarkozy, ministre des Finances ;
le lancement de la politique d'intelligence économique par Dominique
de Villepin ; la reconnaissance par le commissaire Verheugen de l'étroitesse
du marché communautaire. Avec Jean-Paul Fitoussi, je crois que «
seule la plus grande des naïvetés 'technocratiques' pourrait nous
faire accroire que les questions de puissance et d'indépendance sont
susceptibles d'être résolues par le marché ».
Ces questions sont résolues depuis longtemps par les Américains, dotés d'un arsenal extrêmement complet, associé à une présence commerciale agressive sur les marchés étrangers. Voilà le coeur du patriotisme économique : lutter à armes égales avec nos concurrents, exiger la réciprocité, comprendre, sans naïveté ni paranoïa, les ressorts nouveaux de la mondialisation, réunir expertises publiques et privées.
Que pouvons-nous ? Ce que nous voulons. Fluidité, réseaux et influence : le monde n'est plus une organisation hiérarchique où les plus gros sont les plus forts, les plus forts les mieux respectés. Réseaux technologiques et humains sont au coeur de bouleversements auxquels nous ne répondons en France que dans le désordre des idées et une timide action administrative, faute d'impulsion politique. Comme une incantation, on appelle de ses voeux un patriotisme économique communautaire.
Notre volonté politique ne peut être que continentale et appuyée sur des nations industrielles face à une Commission dont le credo de l'ouverture des marchés a freiné la constitution de groupes mondiaux à socle européen. Une Europe qui ne connaît pas ses frontières et oublie ses racines ne sait pas ce qu'elle est. Une Europe qui ne recherche pas son émancipation technologique, qui ne construit pas de stratégies industrielles, traite plus mal la Russie de Poutine que l'URSS de Brejnev, et qui ne se défend pas des prédateurs financiers mondiaux n'est décidément pas mûre pour un sentiment collectif qui s'apparente au simple bon sens. À la France de reprendre l'initiative.